pgir_bourse a écrit :Plus spécifiquement au sujet de l'Afrique :
Coïncidence : en zappant sur les ondes, je suis tombé sur l'émission "Faîtes comme chez vous" (Europe 1) depuis Dakar et l'un des sujets était la situation alimentaire de l'Afrique en général et plus particulièrement du Sénégal.
Il en ressort, selon les intervenants, que la responsabilité de l'état sénégalais dans la situation (pénurie) actuelle est évaluée à 70%, les facteurs exogènes (inflation, spéculation, ..) comptant pour 30%.
Sans être en mesure de le chiffrer à l'échelle du continent, c'est aussi mon sentiment : la famine (pour en revenir au titre de cette file) et la malnutrition ne datent pas de l'explosion (récente) du coût des matières premières.
Dans toutes les causes énumérées, il me semble que vous privilégiez les conjoncturelles et oubliez les structurelles : la corruption (chronique et généralisée), les guerres (chroniques et multiples), les délires dogmatiques (Zimbabwe, Algérie qui ont été les greniers de l'Afrique, ..) qui expliquent l'incapacité des états à nourrir leurs populations depuis plusieurs décennies.
Les évènements actuels sont un facteur aggravant mais ne sont pas, selon moi, à classer au chapitre des causes.
Enfin, à l'inverse de CHABL, je place les OGM dans les solutions : pouvoir utiliser des produits résistant aux ravages des insectes et des maladies et exigeant moins d'eau (primordial) est une réponse (ce n'est pas la seule) aux contraintes de l'agriculture des pays en voie de développement.
A ce sujet, je considère que le combat (d'arrière garde ?) des anti OGM français fait le jeu des multinationales étrangères (US en tête) en étouffant la recherche de notre pays.
La façon dont Monsanto utilise les OGM créait plutot de la famine. J'ai raté malheureusement le reportage sur arte à ce sujet, mais d'après des récits les paysans qui ont utilisé ces produits se retrouvent ruinés.
L'Afrique est le continent faible du monde et la corruption font que ce continent reste un continent a alimenter. Alors oui les aficains sont responsable en partie de leur famine, mais non il ne sont pas responsables de la hausse des prix.
Le responsable c'est le $, voici une partie de l'édito de ach tiré des echos :
Si on rappelle que le même exercice avait été marqué par un nouveau et paroxystique accès de la crise du dollar qui faisait rage depuis le printemps 1971, le rapprochement avec les bouleversements en cours aura peut-être des chances de n'apparaître au lecteur ni fortuit ni forcément inutile.
Pendant les deux périodes considérées (celle d'aujourd'hui et celle de la première partie des années 1970 du siècle passé, les prix de pratiquement toutes les matières premières tant agricoles que minières auront été multipliés par 3 ou 4, et parfois davantage, dans un laps de temps relativement court, étalé selon les cas entre deux et quatre ans.
Dans un interview Jean Ziegler le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation dit :
Si, dans les trois ans qui viennent, le plan américano-brésilien de conversion de 26 millions d’hectares de terres vivrières en terres de production de carburants se réalise, le massacre de la faim va devenir effroyable. Aujourd’hui, ¬toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim et 854 millions d’êtres humains sont en état de malnutrition. Demain, avec les biocarburants, ce sera encore pire. Quelques exemples : cette année le prix du blé a doublé dans le ¬monde, au Mexique, le prix du maïs, un aliment de base pour la nourriture, a qua¬druplé. Au Brésil, si vous faites le plein d’une voiture ¬moyenne qui roule au bio¬éthanol, les 50 litres que vous allez utiliser correspondent à 232 kilos de maïs, soit la nourriture de base d’un enfant zambien ou mexicain pour une année !
Il dénonce aussi les collusions entre les USA et le Brésil :
Bush, veut réduire la dépendance des États-Unis vis-à-vis des monarchies pétrolières et des risques de terrorisme. Le second, Lula, veut, par l’exportation de ces biocarburants, réduire sa dette extérieure. Mais ce qui les unit, c’est la pression des grands trusts de l’agrobusiness qui les poussent dans cette voie pour des raisons de profits financiers.
C'est scandaleux tout ça !
Pour Bush , ça se comprend vu son QI quasi nul .Mais pour Lula , c'est inadmissible pour un soi-disant défenseur des pauvres .
Et la Banque mondiale et le FMI , à quoi servent-ils? Leurs dirigeants remplissent leurs poches et s'en foutent du reste .
Omar
270784 a écrit :C'est scandaleux tout ça !
Pour Bush , ça se comprend vu son QI quasi nul .Mais pour Lula , c'est inadmissible pour un soi-disant défenseur des pauvres .
Et la Banque mondiale et le FMI , à quoi servent-ils? Leurs dirigeants remplissent leurs poches et s'en foutent du reste .
Omar
Oui c'est pas beau, mais l'Europe ne se comporte pas mieux. Elle est coupable également avec son plan pour 2020 qui veut porter à 10% la part des biocarburants dans la consommation d’essence et de gazole. Les jachères n’y suffiront pas, ce qui va amener à procéder à des importations, qui accentueront la pression sur les cultures vivrières du Sud.
Et il faut bien voir que pour les populations des pays Européens (et Américains du Nord) le pourcentage moyen de l'alimentation dans les dépenses représente rarement plus de 30% de leurs revenus, alors que pour les pays pauvres c'est le plus souvent 70% à 90%. Donc la flambée brutale des prix alimentaires de plus de 30% à 40% les pousse tout droit à la famine.
J'ai du mal à évaluer l'impact des biocarburants, par contre il serait bien que le $ remonte histoire de voire la partie spéculative de ce mouvement.