L’expansion des biocarburants à elle-seule pourrait engendrer une augmentation des prix du maïs de plus de deux tiers d’ici 2020 et pourrait faire quasiment doubler les prix des graines oléagineuses, d’après l’Institut International de Recherche pour la Politique Alimentaire.
Quasiment, un an jour pour jour, après l'inauguration de la première pompe française délivrant du bioéthanol, la question de ce carburant vert a été écartée des discussions du Grenelle de l'environnement. En cause, son efficacité en terme de réduction des gaz à effet de serre. Plusieurs rapports, dont celui du Nobel de chimie Paul Crutzen, ont en effet dénoncé la médiocrité du bilan écologique des biocarburants, allant même jusqu'à les qualifier de « catastrophe écologique ». L'agriculture intensive nécessaire pour produire cette essence verte génèrerait des gaz à effet de serre encore plus actifs dans le réchauffement climatique que ceux dégagés lors de la combustion de pétrole ! Faut-il alors se détourner de l'offre maintenant conséquente de voitures acceptant le bioéthanol ?
Les Allemands viennent de dire qu'ils vont freiner la production de biocarburants contrairement au plan prévu dans le cadre de directives européennes.
Un livre choc intitulé la Faim, la bagnole, le blé et nous, écrit par Fabrice Nicolino, journaliste à Terre sauvage et chroniqueur à La Croix, en recense tous les dangers. D’abord chez nous, en France, où les cultures de blé, de colza ou encore de tournesol vont prendre, à coups d’engrais et de pesticides, la place des jachères, si utiles à la biodiversité. Ensuite, et beaucoup plus grave, dans les pays du Sud : « De l’Indonésie au Brésil en passant par le Cameroun, ces nouvelles cultures de canne à sucre, de soja ou encore de maïs sont en train d’accélérer à la fois la déforestation et de faire exploser le prix des produits alimentaires de base », dénonce-t-il. En résumé : pour faire rouler nos voitures, les biocarburants risquent d’affamer un peu plus les paysans du Sud.
Le développement des biocarburants étaient déjà accusés de la flambée des prix des matières premières agricoles, ils sont maintenant soupçonnés de porter les germes de la famine. C'est ce qu'a indiqué le PDG de Nestlé dimanche à l'hebdomadaire NZZ am Sonntag. Peter Brabeck estime en effet que «si l'on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n'y aura plus rien à manger». Il s'est offusqué des politiques de promotion des biocarburants. «Accorder d'énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable», selon lui.
L'Onu avait déjà lancé une alerte similaire il y a une dizaine de jours. «Le changement d'orientation de nombreux exploitants en faveur de la production des biocarburants a détourné des terres de la chaîne alimentaire», avait averti la directrice du Programme alimentaire mondial, lors d'une audition devant le Parlement européen à Bruxelles. Josette Sheeran, avait précisé que «les prix alimentaires atteignent un tel niveau que celui de l'huile de palme en Afrique est désormais au niveau des prix du carburant».
Tout le monde semble constater l'erreur grossière, mais qui va l'arrêter ? Pas les lobbies agricoles qui en bénéficient, ni les politiques qui sont leurs obligés. Alors qui ?
Bonne idée de débat Chabl
Pour ma part j'y vois 3 causes par ordre d'influence :
- La baisse du $ face aux autres devises délcenché par la crise financiére et la baisse des taux. et donc une ruée des fonds vers les matiéres physiques.
- Un plus forte consommation des pays asiatiques.
- De mauvaises conditions climatiques
thevenet a écrit :Bonne idée de débat Chabl
Pour ma part j'y vois 3 causes par ordre d'influence :
- La baisse du $ face aux autres devises délcenché par la crise financiére et la baisse des taux. et donc une ruée des fonds vers les matiéres physiques.
- Un plus forte consommation des pays asiatiques.
- De mauvaises conditions climatiques
Bonjour thévenet,
La crise financière et la spéculation sont effectivement une des principales causes de la situation actuelle.
La plus forte consommation des pays asiatiques, l'accroissement de la population mondiale sont par contre selon moi des causes que l'on ne peut que qualifier de naturelles et qui étaient prévisibles.
Les mauvaises conditions climatiques sont on le sait provoquées de plus en plus par l'homme et par notamment les conditions d'utilisation des terres. Et la grande erreur comme dit précédemment revient à cette folie des Biocarburants qui vont entrainer des déforestations complètrment folles. Dans les pays du Sud, Brésil, Malaisie, Indonésie, ou Congo, par exemple, ces cultures s’étalent à la place des forêts primaires. Des millions de km² de forêts tropicales avalés par les plantations de canne à sucre, et de palmier à huile.
Tout ça c'est une escroquerie faite à l’écologie, aux plus pauvres de la planète, et finalement à tout le monde, dans le seul but de maintenir la civilisation de la “bagnole”. “Qui les soutient ? L’agriculture industrielle, les transnationales, et tous ceux qui leur sont soumis…”, dénonce Nicolo dans son livre.
Ach fait bien le paralélle avec le premier choc pétrolier :
http://www.boursier.com/forum/themat ..... ation+et+sp%E9culations-65206-1.html
Bonjour
Les raisons sont multiples .Il y a évidemment celles que vous aviez évoquées .Il y en a bcoup d'autres .Je vais parler de l'Afrique et du monde arabe .
Le Soudan est considéré comme le grenier de l'Afrique .On sait dans quel état il se trouve actuellement .C'est peut-etre une des raisons des derniers troubles en Egypte .
L'Algérie possède un énorme potentiel agricole .Les recettes pétrolières de ce pays dècouragent les gens à s'occuper de l'agriculture .Le commerce et le trafic sont bcp plus rentables .
L'Irak , avec ses deux gds fleuves avait du potentiel .En ce moment les eaux sont polluées et les Irakiens sont obligés d'en boire .
Les monarchies pétrolières du golfe investissent énormément dans les autres pays arabes .Malheureusement leurs investissements sont uniquement dans les secteurs touristique et immobilier . On le voit dans les pays du Maghreb .
Il faut ajouter la spéculation , qui est responsable (pour prés de 15% selon certains) de la hausse des prix